#Writever Janvier 2026

Le #writever est un jeu d’écriture proposé sur le réseau Mastodon. Chaque mois, une liste thématique de mots est offerte. L’objectif est de publier quotidiennement une micro-fiction (en 280 caractères) dans un registre fantastique, fantasy ou de science-fiction. J’y participe de manière irrégulière et c’est dans cet espace-là que j’ai continuer de développer le personnage de Marjorie et son petit univers.

Je publie ici les textes qui la concerne.

1er janvier 2026

– Inaya ! De retour !
– Yep. C’était bien, Yule ?
– Plutôt, oui ! Et toi ?
– On fête pas Noël, le solstice, le passage à la nouvelle année, tout ça. Quand j’étais ‘tiote, ma mère a trouvé que les injonctions et la pression autour des fêtes, c’était trop et elle a décidé qu’on fêterait plutôt l’Equinoxe. Avec les cadeaux, la famille, tout, mais en mars.
– Ostara !
– Selon elle, c’est le jour de l’équilibre entre ombre et lumière donc idéal pour les réunions de famille.

2 janvier

– Tiens, Marjorie ! J’ai rêvé de toi cette nuit justement. Il m’a fallu un instant pour réaliser que tu n’étais pas VRAIMENT devenu ma collègue.
– Oh… Sibylline, alors.
– Quoi ? Les sorcières qui prédisent l’avenir ?
– Oui. Donc, je vais être prof des écoles.
– Marjorie, je ne suis ni sorcière, ni sibylline.
– C’est ce qu’on dit.
– Si je prétends que oui, tu entreras vraiment à l’Education Nationale ?
– Si c’est prédit…
– J’hésite. Je suis très curieuse de te voir prof. Mais j’ai peur, aussi.

3 janvier

– Qu’est-ce que tu fais, ma pipistrelle ?
– Je m’efforce de re-rentrer dans le déni de rentrée.
– Comment tu en es sorti ?
– Une Petite Voix m’a dit « Ça y est, c’est plus les vacances, c’est le week-end, et si on ouvrait Pronote ? »
– Est-ce qu’elle avait la voix de ta CPE, la Petite Voix ?
– Maintenant que tu le dis !
– Alors c’est sans doute une blague de Jean, sa mère l’entraînait aux sorts psy cette semaine.
– Nom d’un p’tit pois ! Je vais voir grand-mère, il faut que je me venge.

5 janvier

– Tu n’as jamais appris de magie noire ?
– Genre ?
– Je sais pas moi. Invoquer des démons ?
– Je vois pas l’intérêt.
– Tu…?! Mais c’est trop la classe ! Si quelqu’un t’ennuie, paf, une petite incantation et houpla, un démon, et plus jamais iel vient t’ennuyer.
– Bah, pour ça, je me défends et si jamais j’ai besoin d’aide, paf, trois coups à la porte de son atelier et houpla, Grand-mère Émeraude, et plus jamais on vient m’ennuyer, t’en fais pas.

6 janvier

On imagine souvent les sorcières comme des femmes excentriques, acariâtres et esseulées. Pourtant, c’est tout le contraire. Les sorcières connaissent toutes le pouvoir de la sororité, de la mutualisation, et d’un bon moment à juger les gens entre elles, autour d’un thé

11 janvier

– Bonjour maitresse. J’ai quelque chose pour vous.
– Oh, Marjorie, tu t’en es souvenu !
– Bien sûr, vous avez la même date d’anniversaire que Jacqueline Maillan, c’est facile à retenir.
– …
– Quoi ?
– Marjorie, parfois, on pourrait imaginer qu’on te connais assez pour que tu ais fini de nous étonner et puis, et bien, non.
– Et encore, vous n’avez pas ouvert le paquet !

21 janvier

– ‘soir Maîtresse.
– Que… Oh, c’est toi Marjorie Qu’est-ce que tu fais là ?
– Disons que je passais.
– Par hasard.
– Probablement.
– Marjorie, pourquoi j’ai la nette impression que tu sais exactement d’où je rentre alors que je n’en ai parlé à personne ?
– Pas « exactement ». Mais vous savez comment les sorcières survivent, même dans les périodes les plus sombres ?
– En mettant leur nez dans les affaires des autres ?
– Je pensais plutôt utiliser le verbe « veiller » mais…

22 janvier

– Et en tant que sorcière, vous avez des pouvoirs un peu plus impressionnants ?
– Comme quoi ?
– Genre, je sais pas, transmuter par exemple !
– Ah, ça, oui. On finit par transmuter en sorcière et on le reste. Après plusieurs vies et réincarnations.
– Il y a plusieurs vies ?
– Oui. D’abord on est un cnidaire, puis un homme cis, ensuite un animal un peu plus évolué, souvent un chat, puis une femme puis une sorcière. On prend de la valeur à chaque vie.

23 janvier

– Salut Inaya. Qu’est-ce que tu lis ?
– Ma mère m’a demandé d’essayer de me faire des amies.
– C’est le titre ?
– Non, c’est la cause. J’ai été au club lecture du collège et une autre élève m’a dit que c’était son livre préféré, alors je l’ai pris pour lui faire plaisir.
– Et alors ?
– Bah pour le moment, c’est une ado qui a été enlevée par un bel inconnu.
– Ah ! Et elle lui pète les genoux ?
– Non…
– Aucun intérêt alors. Viens, on va taper dans la bibliothèque de Gemma.

24 janvier

– Qu’est-ce qu’il lui a pris, tout à coup, à ta mère, de vouloir que tu te lies, comme ça. Avec des gens.
– C’est à cause de ma grand-tante. Ma mère en a marre de vivre autant en tête à tête avec elle. Elle veut que j’évolue différemment d’elle.
– Bah, elle a des amies depuis qu’elle est ici. Puis toi tu m’as moi. Et Jean.
– Ne te vexe pas mais elle pense à des amies qui ne trouveraient pas normale la présence fantomatique de ma grand-tante décédée depuis 20 ans.

25 janvier

– Marjorie !
– Madame.
– Cette fois, c’en est trop, je t’ordonne de conjurer ce sort !
– Désolée, c’est impossible.
– Oh ne joue pas à ce petit jeu avec moi, je suis CPE depuis assez longtemps dans cet établissement pour savoir que chaque sort a un contre sort, que c’est un équilibre indispensable à la magie, bla bla bla !
– Ah oui, ça, c’est vrai. Il y a un contre sort, j’ai les compétences pour l’exécuter.
– Et alors, qu’est-ce qui t’en empêche ?
– Et bien… J’ai pas envie.

26 janvier

– Ta mère a un nouveau tatouage chaque fois que je la vois.
– Quand elle a quitté la maison, ma mère était décidée à ne rien faire comme la sienne. Émeraude, elle avait de l’affection pour mon grand-père, un type débonnaire et respectueux. Alors ma mère est tombée folle amoureuse, de l’opposé. A son retour, elle a déclaré que plus jamais son corps ne porterait une trace qu’elle n’aurait pas choisie.
– Et le type ?
– Ça… Il y a la loi et il y a ce que les sorcières en font.

30 janvier Être sorcière, ce n’est pas répondre à un cahier des charges. On peut dire qu’il y a autant de façons de l’être que de sorcières il y a. Mais on retrouve quelques lignes communes. Par exemple, quand elles disent « oups », c’est unanimement mauvais signe.

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