#Writever Avril 2026

Liste du Writever d'Avril 2026. Liste de mots sur une illustration de plage avec un voilier.
Liste de mots pour le Writever du mois d'avril 2026. Illustration en fond : plage de sable et un voilier. Liste numérotée de 1 à 30 : Océna, voile, naviguer, ponton, tribord, tempête, ramer, mât, équipage, larguer, béquille, gaillard, perroquet, saborder, chaloupe, bois, amarrer, bout, proue, quart, pêcher, gouvernail, bordée, navire, bordée, navire, barre, lame de fond, affaler, matelot, quille, port.

Le #writever est un jeu d’écriture proposé sur le réseau Mastodon. Chaque mois, une liste thématique de mots est offerte. L’objectif est de publier quotidiennement une micro-fiction (en 280 caractères) dans un registre fantastique, fantasy ou de science-fiction. J’y participe de manière irrégulière et c’est dans cet espace-là que j’ai continuer de développer le personnage de Marjorie et son petit univers.

Je publie ici les textes qui la concerne.

1er avril 2025
– Tu en fait une de ces têtes ! Je te rappelle qu’on a pas le droit d’être aussi sérieuse en salle des profs ! Hahaha
– C’est le séjour…
– Le stage « Océan » ? Un problème ?
– Jean et Marjorie se sont inscrites.
– Mais ! Les sorcières ne participent jamais aux séjours scolaires ! C’est pas une loi mais… Une convention, on va dire. Tu les emmènes ?
– Je sors du bureau de la cheffe. Elle me laisse pas le choix.
– Qu’est-ce qui t’inquiète ?
– Je sais pas. Tout !

2 avril

 Marjorie
– Vous avez tous…
-… et toutes…
-… reçu le planning pour le « séjour Océan ». On commence avec la voile.
– C’est obligé la boom du 17 ?
– Oui, c’est un moment convivial et festif important pour tous.
– (Et toutes). J’ai une bonne raison.
– Oui ?
– J’ai pas envie de participer à cette reproduction miniatures des dynamiques hommes femmes contre lesquelles nous devrions tous – et toutes – lutter. Et aussi je préfère récolter des coquillages, ce sera la nouvelle Lune.

3 avril

– Bien, pour le stage, il me faut la liste des élèves sachant déjà naviguer. Levez la main. Marjorie ? Tu m’avais dit ne jamais être montée à bord d’un bateau… Encore un truc de sorcière ? Vous manipulez le vent et les vagues grâce à des potions et des incantations ?
– Non. Mais si 46% des hommes peuvent poser un avion, je dois bien être capable de faire avancer un Optimist.

4 avril

– Lors du séjour, c’est nous qui vous encadrerons au sol mais pour toutes les activités en mer, vous aurez des moniteurs agréés. Et autant vous dire qu’eux, si vous êtes pénibles, ils n’hésitent pas à vous laisser sur le ponton ! Ça te fait sourire, Marjorie ?
– Plutôt, oui.
– Tu te sens concernée ?
– C’est que j’évaluais la pertinence de punir 2 sorcières élémentaires, comme Jean et moi, lors d’une activité qui conjugue eau et vent.
– Bon. Je vais appeler la base nautique.

5 avril

– Allez, on révise. Levez la main qui est à tribord quand vous regardez la proue du bateau… Non. Non. Non… Marjorie, toi, tu as l’air d’avoir retenu. Tu utilises une astuce ?
– J’en ai une personnelle mais pas sûre que ça parle à tout le monde… La pRoue c’est quand tRibord, donc ma dRoite, est côté jaRdin.
– Hum.
– Sachant que la cour est côté cœur. Si on regarde le public.
– Ça doit pas toujours être simple d’être dans ta tête, n’est-ce pas ?
– A qui le dites-vous !

6 avril

– Madame, j’ai une question.
– Oui ?
– On sent un peu trop la peur dans votre « oui », Madame. Bref. Si quelqu’un tombe à l’eau, il faut préciser « un homme à la mer à tribord » ou juste qu’il est à la mer ?
– Euh, je suppose que l’indication est utile. Et avant que tu ne te lances, cette manière de faire date d’une époque où il n’avait pas de femmes en mer.
– Mouais. De toutes façons, c’est pas les filles du groupe que je crains de jeter par-dessus bord d’exaspération.

6 avril

– Mesdemoiselles. Je suis…. Tourmentée, on va dire. À propos du séjour. Loin de moi l’idée de vous dire quoi faire mais euh. C’est stressant à organiser, alors je voudrais… disons, anticiper un tantinet. Alors… Est-ce que je dois m’attendre à des… Surprises ? Épidémie genrée ? Tempêtes sélectives d’équipages masculins ?
– On a promis à Maîtresse Émeraude d’être sages.
– Ah. Et…?
– C’est vrai que vous connaissez pas ma grand-mère : on est obligées d’être sages.

7 avril

– Alors comme ça, vous êtes des sorcières.
– Et vous, vous êtes une chauffeuse de bus drôlement perspicace. Laissez-moi deviner : la robe noire et le chapeau vous ont aidée ?
– Non, c’est l’air renfrogné et la grande gueule.
– Vous me plaisez !
– Ouf, j’ai cru un instant que j’avais ouvert mon claque merde trop vite une fois de plus. Je tiens pas à terminer la semaine en ramenant le bus à la rame parce que j’ai contrarié une môme. Imelda, enchantée.
– Marjorie. Ensorcelée.

8 avril

– On va donc constituer des équipages mixtes.
– Je suis avec Inaya.
– Je viens de préciser « mixtes »
– Une sorcière, une non sorcière, c’est mixte.
– Tu vas plutôt te mettre avec… Tiens, lui, là.
– Hahahaha. Non.
– Ce n’est pas toi qui décides, jeune fille.
– Non, c’est vous. Et vous venez tout juste de décider que vous n’avez pas envie de retrouver un élève pendu à son mat par sa coéquipière dès le premier jour du stage.

10 avril

– Les autres gosses disent que vous avez un truc avec les mecs. C’est vrai ?
– Moi je dirais plutôt qu’on a un truc sans eux. Comme des rêves, des droits, des perspectives, des rues safe la nuit. T’as un mec, toi, Imelda ?
– Le dernier que j’ai eu, il m’a larguée. Sur une aire d’autoroute.
– Désolée.
– Le sois pas. Je lui ai fauché son bus, ‘l était chauffeur, et je vis ma meilleure vie depuis. C’tait y a 3 jours.
– Tu plaisantes ?
– Va savoir.

11 avril

– Mais finalement, sans t’offenser, hein, la sorcellerie, on peut très bien vivre sans. Alors pourquoi choisir de s’encombrer du regard des autres ?
– C’est une bonne question ça, Imelda. Ta béquille, là, tu peux aussi vivre sans et éviter les regards validistes.
– C’est vrai. Mais je me sens mieux quand elle est là. Et rassurée de savoir que je peux la coller dans les dents de ceux qui m’emmerdent.
– Et bien voilà, la sorcellerie c’est exactement la même chose, au mot près.

14 avril

– Oh, Imelda, d’où tu le sors celui-là ?
– Il était tout seul, là, tout perdu sur le parking, pendant la pause déj. Il est à personne. Tu veux pas le garder ?
– Je crois qu’il est évident que c’est toi qu’il a adoptée.
– Rooh, meuh non, qu’est-ce que je f’rais d’une bestiole moi ?
– Tu lui as déjà donné un nom, avoue ?
– Bah, p’t’être que j’ai eu une idée. Chaloupe. Parce que le séjour à la mer, là, et que c’est un chat, t’ça.
– C’est officiel, tu es son humaine.

15 avril

– Je dois avouer que jusqu’ici, ce séjour se passe bien.
– Ormis l’entorse, les piqûres de méduse…
– Banalités de voyage scolaire. Il faudra que je remercie à nouveau Jean, d’ailleurs, de son intervention sur ces dernières.
– Les trucs qu’on choppe dans la flotte, ça la connait, Jean.
– Pour les jours qui restent, ce serait une belle victoire que tu fasses l’effort d’accepter l’équipage mixte.
– Pourquoi vous cherchez à vous saborder ?
– Oublie, je disais ça comme ça.

16 avril

– Bah, pourquoi tu mets un gilet de sauvetage ? Ça flotte pas, les sorcières ?
– Plaît-il ?
– Ben oui, puisque vous êtes en bois. Le bois, ça flotte.
– J’arrive pas à savoir si t’es con ou si tu cites les Monthy Python. Ça me met en dissonance cognitive totale parce que la blague est vraiment drôle si la réf est volontaire mais dans le cas contraire, cette conversation a déjà beaucoup trop duré.

22 avril

– Qu’est-ce que tu fais, Marjorie ?
– Je pêche.
– Je vois ça. Je me permets la question. Du poisson ?
– Petit Peuple, non ! Jean m’en voudrait à mort.
– D’accord. Alors… Qu’est-ce que tu…?
– Vous voulez vraiment le savoir, Madame ?
– Je… Hum. Est-ce que l’ignorer pourrait constituer une faute ?
– Professionnelle ?
– Oui. Ou morale. Quelque chose comme ça.
– Hmmmm… Non.
– Tu es sûre ?
– Fermement.
– Bien. N’oublie pas le rassemblement à 18h alors. À tout à l’heure.

26 avril

– Et là, il sort une référence à Sacré Graal, paf, bien placée et tout.
– Alors c’est ça le truc le plus dingue de ton séjour ?
– Je crois que tu ne m’as pas bien écoutée, grand-mère : c’était un garçon.
– Je m’attendais à ce que tu me racontes le moment où la police est venue arrêter votre chauffeuse de bus qui n’était absolument pas chauffeuse de bus.
– Ça, c’était amusant. La vraie lame de fond, c’est qu’un garçon de mon âge peut être drôle.
– Tu m’en diras tant.

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