
Vous connaissez cette fascination qu’on peut avoir, enfant, pour certains objets. On en a toustes des souvenirs. Ce sont les ciseaux cigogne de couture d’une grand-mère, la girouette biscornue aperçue de loin sur un trajet quotidien, l’affiche de pub décolorée derrière la buraliste ventant un jeu à gratter, les boutons de la chemise préférée de notre tata, le tiroir à bidules du meuble de l’entrée, la photo de famille à côté de la télé de notre meilleure amie, la tirelire licorne sur le comptoir de la boulangère… Pour Marjorie, il y a la ceinture de Maîtresse Émeraude (Bien entendu, Marjorie ne l’appelle pas « Maîtresse Émeraude », c’est sa grand-mère, mais « Nana ».) et les tas de choses pendues à cette ceinture. Elle a grandi le nez en l’air, puis à hauteur et maintenant, vers le bas, pour regarder la danse des objets qu’Émeraude attache à ces lanières de cuir. Elle a appris à y lire l’humeur de sa grand-mère, ses préoccupations du moment, mais aussi les saisons, les prévisions météo et l’état des relations avec le Clan voisin.
Elle a hâte de recevoir sa première ceinture.
Mais peut-être moins que sa première médaille, tout de même.
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